Ici des réflexions générales sur la vie, le monde, et le bruit des pâtes trop cuites.

(Je vous jure : les pâtes trop cuites font un "chluiiirrrrrp" caractéristique)

Savoir échouer, c'est déjà réussir

Rédigé par Marie-Hélène - - Aucun commentaire

Que veut dire souhaiter à ses élèves de "réussir", comme il est d'usage au moment de les quitter ?

Dans la vie, il y a des projets que l'on réussit, et d'autres que l'on rate, parce que tout ne dépend pas de soi, et parce qu'on est souvent amené à prendre des décisions sans connaître tous les paramètres à l'avance. On n'apprend pas assez, en France, à bien vivre l'erreur. Les tests internationaux tendent à montrer que les petits Français préfèrent s'abstenir que risquer de se tromper.

Pourtant, savoir transformer l'échec en expérience, en tirer un enseignement utile pour la suite, c'est un trésor fondamental puisque, d'une certaine façon, il n'y a jamais d'échec pour qui sait le vivre comme une expérience. C'est la réflexion qui vient à la lecture, hautement recommandable, des Vertus de l'échec, de Charles Pépin.

C'est une chose que j'aurais aimé entendre à leur âge. 

A mes lycéens que je quittais l'autre jour, j'ai donné le conseil suivant. Si, un jour, vous vous trouviez dans une situation d'échec, par exemple d'avoir raté un concours (ces élèves en passeront presque tous plusieurs), prenez une feuille de papier. Faites la liste de toutes les décisions que vous avez prises, qui vous ont conduit à cet "échec", et dont vous ressentez la succession avec culpabilité : j'ai choisi cette prépa alors qu'on m'avait dit que... je n'ai pas travaillé assez telle matière alors que les profs m'avaient averti que...

Ensuite, en face de chacune de ces décisions, trouvez lui une conséquence positive - indépendamment du résultat final. On m'avait déconseillé cette prépa, mais j'y ai rencontré tel ami. Je n'ai pas travaillé assez telle matière, mais je me suis passionné pour tel sujet en particulier.

Quand vous aurez fini, bien sûr vous n'aurez toujours pas votre concours, il n'y a pas de magie à attendre.

Mais vous dormirez mieux ce soir-là.

Souffrance des enfants, douleur des adultes

Rédigé par Marie-Hélène - - Aucun commentaire

Il y a quelques jours Konbini diffusait sur les réseaux sociaux le témoignage d'Anne Ratier, expliquant comment, en 1987, elle avait "offert la mort" (ce sont ses mots) à son fils âgé de 3 ans, lourdement polyhandicapé suite à un retard d'oxygénation au moment de l'accouchement. Si son discours n'est pas directement militant, il n'est pas difficile de voir, dans ce genre de témoignage compassionnel, une intention prosélyte certaine. L'objectif est toujours le même : rendre l'euthanasie acceptable, parce que la mort serait préférable à certaines vies.

Si d'autres l'ont fait avec intelligence, je ne peux manquer de réagir, car j'ai été touchée d'un peu plus près que la moyenne par cette question (Dieu merci, elle concerne en réalité un petit nombre de cas). Ma filleule était atteinte d'une maladie génétique orpheline qui s'est déclarée quelques mois après sa naissance. Un truc trop rare pour avoir été formellement identifié. Un problème de connexion entre le cerveau et les muscles ; aucun membre n'était paralysé, mais aucun mouvement n'était volontaire ou même contrôlé. Incapable de se tenir assise, elle ne s'exprimait qu'en riant ou en pleurant. Je vous passe les effets secondaires, comme le squelette qui se déforme à cause de la croissance des os qui ne sont pas tenus correctement par les muscles qui ne se développent pas : corset, souffrances, chirurgie...

Elle est morte peu avant son neuvième anniversaire, dans son sommeil. Son cœur, fatigué d'être le seul à fonctionner à peu près correctement dans tout ce bordel, a tout simplement décidé de lâcher l'affaire.

Je n'étais pas directement impliquée dans la prise en charge de cette enfant. Je n'ai pas eu à subir les nuits blanches, les rendez-vous médicaux, les heures à l'hôpital. C'est la raison pour laquelle je ne m'étends pas sur ce cas, car je ne cherche pas à faire pleurer dans les chaumières : le procédé serait indécent de ma part, et malhonnête vis-à-vis de ses parents. Je veux seulement faire comprendre que j'ai cette raison-là de réagir sur cette question.

Mais c'est une réaction rationnelle que je veux développer, au risque qu'elle paraisse insensible. Je ne suis pas insensible : mais je refuse d'étaler mes sentiments. Car ce qui m'insupporte dans ces témoignages, c'est que l'émotion tient lieu d'argumentation.

En écoutant cette mère, tout individu normalement constitué se dit : "Moi, si j'étais à sa place, je ne sais pas comment ...". Ce refus de juger (qui est noble en soi) écrase toute contradiction. Ainsi la Gnadentod rencontre de moins en moins d'opposition.

Ne pas être "à sa place" n'interdit pourtant pas de réfléchir. Tu n'es pas à sa place, mais à celle qui est la tienne, que fais-tu pour qu'une mère dans cette situation ne se retrouve pas acculée ? Comme contribuable, acceptes-tu qu'on investisse réellement dans des structures d'accueil, des hôpitaux de jour, où des éducateurs spécialisés, des kinés, des infirmières aient les moyens de prendre en charge les enfants sans devoir les shooter au valium ? Comme électeur, exiges-tu cet investissement des responsables politiques ?

En 2005, la France s'est honorée d'adopter une loi sur le handicap qui définit celui-ci comme une situation d'empêchement liée, non à un état de santé personnel, mais à l'inadaptation des structures. Ce n'est pas la paraplégie qui fait de vous un handicapé : c'est l'absence de rampe d'accès pour votre fauteuil qui vous handicape. On peut relever ici ou là quelques situations ubuesques résultant de cette loi (quand il faut fermer une école dont les bâtiments ne peuvent être adaptés alors qu'il existe d'autres écoles accessibles dans la ville par exemple) ; n'empêche que, même si tout n'est pas parfait, cette loi a permis des avancées réelles pour l'inclusion des personnes handicapées.

On me dira peut-être "oui mais là, c'est différent : un enfant totalement impotent, qui ne communique pas ... blablabla ... dignité toussa". Ah ! la dignité !

Si le handicap résulte d'une inadaptation de l'environnement à la situation physique d'une personne, pourquoi la dignité ne résulterait-elle pas du regard que nous portons sur les personnes ? Est-ce l'utilité d'une personne qui fait sa dignité ? Est-ce sa capacité à entrer en relation avec les autres ? Alors, la dignité n'est-elle donc que donnée (concédée) par les autres ? Chacun d'entre nous n'est-il digne que parce que les autres le veulent bien ?

Ce n'est pas la vie souffrante qui est indigne. L'indignité, nous la produisons dans le regard que nous avons sur la faiblesse : nous semble indigne ce qui est trop faible. Il y a derrière ce regard une angoisse profonde (celle d'être un jour dans cette situation), qui n'est pas condamnable en soi. Mais ce qui est paradoxal, c'est qu'une prise en charge réelle de cette faiblesse devrait pourtant nous délivrer de cette angoisse (je ne crains plus d'être faible si je sais que je serai entouré et respecté). Les sociétés qui n'ont pas rompu avec les solidarités traditionnelles ne se posent pas ces questions. Nous qui avons des moyens inédits pour soulager les souffrances, préférons retourner ces moyens contre nous-mêmes. Quand il sera légal de se débarrasser des plus faibles, nous serons tous en danger : à quoi nous auront servi des siècles de civilisation ?

** ajout été 2019

Sur ce sujet, je vous recommande la lecture du beau roman Le jour où la Durance de Marion Muller-Collard. Le personnage principal est une mère dont le fils, gravement handicapé, vient de mourir (à 30 et quelques années), qui voudrait croire que rien ne va changer dans sa vie, et qui se laisse rattraper au fil des jours par les émotions et les souvenirs. Intervient dans ce roman une femme, d'origine maghrébine, qui est entrée dans la vie de cette mère en lui expliquant que, "dans son pays", on raconte que les enfants, juste avant de naître, voient leur vie entière l'espace d'un instant : certains la refusent, et meurent à la naissance. Ceux qui naissent et vivent sont ceux qui ont accepté leur vie à venir, avec les souffrances qu'elle réserve peut-être. J'ai été particulièrement touchée par cette idée.

Au-delà, c'est un très beau roman.

Retour de Terre sainte

Rédigé par Marie-Hélène - - Aucun commentaire

Je reviens de deux semaines en Terre sainte. J'y étais déjà allée deux fois, je commence à m'y sentir un peu chez moi, mais cela reste un voyage hors du temps.

Quand j'ai eu envie d'aller en Terre sainte pour la première fois, j'ai voulu rencontrer ceux qui y vivent. Ne pas faire une tournée de lieux saints entre deux hôtels, mais vraiment aller à la rencontre des gens, parce qu'après tout, Jésus dans les Évangiles ne fait pas autre chose que cela : aller à la rencontre.

J'ai découvert les camps d'été du Réseau Barnabé, et j'ai participé coup sur coup à deux éditions. C'était formidable de partager des beaux moments avec des habitants de Ramallah, et ensuite découvrir, à Jérusalem, les lieux saints et la présence juive, à la fois ancienne et moderne. J'ai dîné chez des Palestiniens, rompu avec eux le jeûne du Ramadan, et dîné chez des Israéliens (Français) pour ouvrir le shabbat. J'ai marché dans le Wadi Qelt, me suis baignée dans la Mer morte, et j'ai tenté de me recueillir dans le Saint-Sépulcre. J'ai entendu les Juifs chanter les psaumes et des muezzins appeler à la prière.

dominus-flevit.jpg

Bref, j'ai découvert la magie de Jérusalem, dont j'avais alors brossé un portrait chinois.

Lire la suite de Retour de Terre sainte

Pasteur des Lumières

Rédigé par Marie-Hélène - - Aucun commentaire

Je saisis (un peu artificiellement j'en conviens) l'occasion de l'anniversaire de la Réforme (31 octobre 1517) pour vous présenter Jean-Frédéric Oberlin, un pasteur méconnu de nos jours que j'ai redécouvert cet été en passant à Waldersbach et qui, à son échelle toute simple, a fait vivre l'Évangile qui l'animait.

Alsacien, il a vécu à la fin du XVIIIe siècle. Envoyé à 27 ans dans une vallée pauvre et très enclavée des Vosges, le Ban-de-la-Roche, Jean-Frédéric Oberlin y a vécu près de soixante années animé d'une infatigable volonté d'améliorer le sort de ses ouailles. Il ne partait pas de rien : son prédécesseur avait créé une petite école et posé quelques bases. Mais son activité inlassable s'est déployée dans de multiples directions : depuis l'aménagement des chemins jusqu'à la formation des maîtres d'école du Ban-de-la-Roche, en passant par ce qu'on appellerait aujourd'hui le "micro-crédit".

Son oeuvre la plus spécifique est l'invention des "poêles à tricoter", qui sont les ancêtres des écoles maternelles. Pour que les petits enfants ne soient pas livrés à eux-mêmes avant d'avoir atteint l'âge d'aller à l'école ou de se rendre utiles à leurs parents, il charge quelques jeunes filles de les réunir dans des salles (autour du poêle) pour les occuper - et notamment, leur apprendre à tricoter. C'est aussi l'occasion de les catéchiser, dans l'objectif avoué que, par cette éducation religieuse rudimentaire, ils amènent leurs parents à une fréquentation plus assidue du culte.

En parlant de poêle, on voit encore dans le temple de son village de Waldersbach comment, en dédoublant le tuyau du poêle, de manière à allonger la surface chaude, il s'efforce d'exploiter au mieux les ressources pour améliorer le confort de ses contemporains.

Il faut absolument visiter le musée qui lui est consacré, à Waldersbach. On y voit l'incroyable inventivité qu'il a développée pour produire ce qu'on appellerait aujourd'hui des "mallettes pédagogiques", à destination des différentes écoles du Ban-de-la-Roche, comme des jeux de cartes pour l'enseignement de la botanique ou des fonds de cartes muettes de la région ou de l'Europe, gravés sur des planches de bois pour être reproduits aisément par les maîtres d'école. Beaucoup d'activités et d'expérimentations dans ces écoles (on n'est pas très loin de Montessori), et les créateurs du musée ont respecté ce sens de la pédagogie en émaillant le parcours de visite de petites manipulations. 

Pour en savoir (beaucoup) plus, outre Wikipedia ou le site du musée, on peut lire la monographie de Loïc Chalmel (Oberlin : le pasteur des Lumières, Éditions de la Nuée bleue, Strasbourg, 2006, 237 p.), un peu confuse toutefois car l'auteur a opté pour un plan thématique, de sorte qu'on perd la lecture chronologique. J'avoue être passée un peu vite sur les pages consacrées à la doctrine du pasteur qui, tout en étant fidèle au protestantisme, a développé une théologie assez personnelle, limite ésotérique (et pour tout dire un peu fumeuse).

Le seul problème avec les sources présentant Oberlin, c'est qu'elles versent facilement dans l'hagiographie - ce qui est un peu le comble pour un pasteur. Dans le musée, une seule vitrine reléguée en bout de course (donc à laquelle personne ne prête attention) présente la manière dont il surveillait ses paroissiens (allant jusqu'à noter dans son petit carnet qui n'est pas habillé "comme il faut"), qui laisse penser qu'on ne devait pas rigoler tous les jours au Ban-de-la-Roche.

Il n'en reste pas moins que cette personnalité étonnante gagne à être connue, et fait honneur à ses coreligionnaires.

Auxquels je souhaite donc, oecuméniquement, un joyeux 500e anniversaire.

(Mais c'est quand même l'Église catholique qui a raison. Parce que bon, quand même, quoi :-) !!)

La République, la Démocratie, et au-delà...

Rédigé par Marie-Hélène - - Aucun commentaire

"Il n'y a rien au-dessus de la République". Cette phrase lue sur Twitter à l'occasion de l'hommage au Père Jacques Hamel (elle répondait à une autre réflexion) m'a fait réagir sur le moment, car personnellement je refuse d'ériger la République en un idéal tel qu'il faudrait lui subordonner toute action (et toute réflexion ?). Cette réaction, si estimable soit celui qui l'a exprimée, me parait assise sur une confusion entre ce qui peut être une fin en soi, une finalité, et ce qui ne doit être qu'un moyen.

Je crois que discerner l'un et l'autre demande une vigilance constante, dans tous les domaines de la vie ; car on a vite fait, au nom du "la fin justifie les moyens", d'évacuer la réflexion sur "la fin", précisément.

Qu'est-ce que la République (au sens de la République française) ? Retenons que c'est une manière d'organiser la vie démocratique d'un pays. Il y en a d'autres : une monarchie constitutionnelle peut être aussi démocratique qu'une République. Où l'on voit déjà que la République n'est pas une finalité, mais bien un moyen.

Alors, la Démocratie serait la finalité ? Toujours pas. La Démocratie est un mode d'organisation d'une société donnée. Une société s'organise en fonction d'un but. Pour prendre un exemple volontairement provocateur, si l'objectif est qu'un petit groupe s'enrichisse, la société s'organisera en oligarchie. Si la finalité d'une société est l'obéissance de tous à un individu, il faudra une dictature.

Si la finalité est que tous (ou le plus possible) atteignent un certain bien-être (je n'emploie volontairement pas le mot bonheur qui est trop subjectif), alors la démocratie, dans laquelle tout pouvoir est limité (dans le temps et/ou dans son périmètre) et dans laquelle les gouvernés disposent de moyens légaux pour changer ceux qui les gouvernent, parait la solution la plus appropriée. Il me semble que c'est en vertu de cette réflexion qu'aujourd'hui, l'Eglise catholique s'engage pour développer, partout où c'est nécessaire, les formes de cette démocratie.

Ce qui peut paraître paradoxal puisque l'Eglise elle-même n'est pas une démocratie. Même si beaucoup de décisions sont prises par, ou du moins avec, de nombreux laïcs (et de plus en plus, surtout en France), ces laïcs ne sont pas élus. (Pour avoir été membre d'un conseil pastoral, je fais remarquer ici que l'Eglise, comme n'importe quelle association d'ailleurs, fonctionne essentiellement parce que quelques personnes acceptent de sacrifier de leur temps au service des autres ; et ceux qui dénoncent le manque de démocratie dans l'Eglise sont rarement les premiers à accepter humblement d'assister à des réunions parfois bien ennuyeuses. Passons). Si les prêtres et religieux, issus de tous les milieux sociaux, sont bien plus représentatifs de la société que la classe politique en général, ils ne sont cependant pas mandatés par les fidèles.

Donc l'Eglise n'est, clairement pas, une démocratie. Mais la finalité de l'Eglise n'est pas le bien-être de ses membres. La raison d'être de l'Eglise est de témoigner, d'annoncer un message dont elle est dépositaire. Le message lui-même, à partir du moment où il est révélé, ne peut par nature faire l'objet d'un vote. L'organisation de la structure ecclésiastique peut, dans une certaine mesure, s'ouvrir à une certaine collégialité ; mais le fondement même de l'Eglise implique qu'elle ne sera jamais une démocratie absolue.

Non seulement la démocratie n'est pas une fin en soi, mais il faut remarquer que toutes les guerres qui se sont données pour objectif de "répandre la démocratie", se sont soldées par des catastrophes (on pense à l'intervention US en Irak en 2003, mais les révolutionnaires français en avaient déjà fait l'expérience). On peut s'engager pour défendre ou développer la démocratie : c'est un objectif noble. Mais dès lors que cet engagement conduit à piétiner la dignité humaine, alors le combat cesse d'être noble. La Démocratie peut être une fin, mais pas au détriment d'une finalité supérieure (la dignité humaine).

Et la Foi, alors, puisque la réflexion partait de la pertinence de l'hommage rendu au Père Hamel (je suis de ceux qui regrettent la tonalité strictement républicaine, voire révolutionnaire, de la stèle inaugurée le 26 juillet dernier, pour honorer la mémoire d'un homme, alors qu'il fut bel et bien tué parce qu'il était prêtre, catholique ; mais passons).

À la réflexion, je crois que la Foi est d'un autre registre. La Foi n'est, en soi, ni une fin ni un moyen. Elle est une expérience, vécue par certains et inconnue (souvent mal comprise) des autres. Puisqu'elle repose sur une rencontre (avec quelqu'un, avec un texte, avec un phénomène extra-naturel), elle n'est pas le fruit d'une volonté. On ne peut pas se réveiller un jour en se disant : "bon, dans un an, je croirai en Dieu", comme on pourrait se dire "dans un an, j'aurai changé de métier". Pourtant, la prière des apôtres ("Augmente en nous la Foi", Lc 17,5) suggère qu'on puisse aller vers plus de Foi. On peut la cultiver par des lectures et des célébrations, comme on peut la laisser dépérir. La Foi se nourrit de moyens de la faire grandir.

Comme la Démocratie, la Foi est cependant ambivalente. L'Histoire et l'actualité regorgent assez d'exemples où un objectif religieux a justifié l'injustifiable. Dès que la Foi est instrumentalisée, là encore la dignité humaine est vite piétinée. La Foi a elle-même pour finalité supérieure le Salut de l'Homme, et l'Eglise a toujours enseigné qu'elle n'en était qu'une des voies (on a même excommunié Luther pour avoir dit le contraire).

Encore une fois, on en revient à la réflexion de départ : la difficulté de discerner la légitimité d'un acte tient à cette hiérarchie des finalités. 

Fil RSS des articles de cette catégorie