Recevoir son salut

Rédigé par Marie-Hélène - - Aucun commentaire

Vous avez probablement déjà entendu l'expression faire son salut, et très probablement aussi  gagner son paradis. Si je savais confusément qu'elles ne sont pas très chrétiennes, parce que peu compatibles avec l'idée d'une gratuité de la miséricorde, j'ai longtemps eu du mal à mettre le doigt sur le problème. C'est venu cet été.

Le point à bien comprendre, c'est qu'on n'a pas besoin de faire son salut, mais il faut le recevoir.

Imaginez qu'on se connaisse, et que je vous aime énormément. Je décide de vous faire un cadeau extraordinaire : je vous offre un avion.

Pour profiter de mon cadeau, vous devrez apprendre à piloter. Suivre des cours (et pour cela renoncer à d'autres activités), faire des séances en simulateur, vous planter parfois (et par cela apprendre l'humilité...), vous voyez l'idée.

Le salut, c'est un cadeau extraordinaire ; l’Église enseigne qu'il est reçu en plénitude au baptême* qui a pour effet d'effacer les péchés. Longtemps, on recevait le baptême juste avant de mourir, afin de ne pas commettre un péché grave entre le baptême et la mort (l'empereur Constantin est l'un des exemples les plus célèbres). La logique se comprend : si l'on reçoit le salut au moment du baptême, à quoi sert la vie terrestre après ?

La vie "après" le baptême correspond à l'apprentissage du salut. La vie spirituelle n'a pas d'autre sens que de se mettre peu à peu en mesure de vivre la vie béatifique (et pour moi, tout le reste - mon métier, mes activités quotidiennes - n'a pas d'autre sens que de servir de cadre à la vie spirituelle). Cela passe par la prière, la fréquentation des sacrements, mais aussi l'annonce de l’Évangile par le témoignage et/ou l'enseignement pastoral. Parce que chacun est responsable du salut des autres. Plus exactement : chacun contribue à apprendre aux autres à recevoir leur salut.

Ainsi se comprend mieux pourquoi il n'y a pas à gagner son paradis. Ce n'est pas la même chose de dire "si tu apprends à piloter, je t'offre un avion" (en récompense), que "parce que je t'offre un avion, apprends à piloter pour pouvoir en profiter". L'homme pense en termes de récompense, voire de calcul ; mais Dieu donne gratuitement. Les sacrifices consentis dans le cadre d'une vie chrétienne ne sont pas une monnaie pour acheter Dieu, mais des pas sur un chemin particulier.

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* Le sacrement est un vecteur de la grâce, mais non pas une condition : Dieu n'est pas contraint par le sacrement. Qui n'a jamais reçu le baptême peut être sauvé (autrement) par Dieu qui reste pleinement libre, quoi qu'il arrive.

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