La République, la Démocratie, et au-delà...

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"Il n'y a rien au-dessus de la République". Cette phrase lue sur Twitter à l'occasion de l'hommage au Père Jacques Hamel (elle répondait à une autre réflexion) m'a fait réagir sur le moment, car personnellement je refuse d'ériger la République en un idéal tel qu'il faudrait lui subordonner toute action (et toute réflexion ?). Cette réaction, si estimable soit celui qui l'a exprimée, me parait assise sur une confusion entre ce qui peut être une fin en soi, une finalité, et ce qui ne doit être qu'un moyen.

Je crois que discerner l'un et l'autre demande une vigilance constante, dans tous les domaines de la vie ; car on a vite fait, au nom du "la fin justifie les moyens", d'évacuer la réflexion sur "la fin", précisément.

Qu'est-ce que la République (au sens de la République française) ? Retenons que c'est une manière d'organiser la vie démocratique d'un pays. Il y en a d'autres : une monarchie constitutionnelle peut être aussi démocratique qu'une République. Où l'on voit déjà que la République n'est pas une finalité, mais bien un moyen.

Alors, la Démocratie serait la finalité ? Toujours pas. La Démocratie est un mode d'organisation d'une société donnée. Une société s'organise en fonction d'un but. Pour prendre un exemple volontairement provocateur, si l'objectif est qu'un petit groupe s'enrichisse, la société s'organisera en oligarchie. Si la finalité d'une société est l'obéissance de tous à un individu, il faudra une dictature.

Si la finalité est que tous (ou le plus possible) atteignent un certain bien-être (je n'emploie volontairement pas le mot bonheur qui est trop subjectif), alors la démocratie, dans laquelle tout pouvoir est limité (dans le temps et/ou dans son périmètre) et dans laquelle les gouvernés disposent de moyens légaux pour changer ceux qui les gouvernent, parait la solution la plus appropriée. Il me semble que c'est en vertu de cette réflexion qu'aujourd'hui, l'Eglise catholique s'engage pour développer, partout où c'est nécessaire, les formes de cette démocratie.

Ce qui peut paraître paradoxal puisque l'Eglise elle-même n'est pas une démocratie. Même si beaucoup de décisions sont prises par, ou du moins avec, de nombreux laïcs (et de plus en plus, surtout en France), ces laïcs ne sont pas élus. (Pour avoir été membre d'un conseil pastoral, je fais remarquer ici que l'Eglise, comme n'importe quelle association d'ailleurs, fonctionne essentiellement parce que quelques personnes acceptent de sacrifier de leur temps au service des autres ; et ceux qui dénoncent le manque de démocratie dans l'Eglise sont rarement les premiers à accepter humblement d'assister à des réunions parfois bien ennuyeuses. Passons). Si les prêtres et religieux, issus de tous les milieux sociaux, sont bien plus représentatifs de la société que la classe politique en général, ils ne sont cependant pas mandatés par les fidèles.

Donc l'Eglise n'est, clairement pas, une démocratie. Mais la finalité de l'Eglise n'est pas le bien-être de ses membres. La raison d'être de l'Eglise est de témoigner, d'annoncer un message dont elle est dépositaire. Le message lui-même, à partir du moment où il est révélé, ne peut par nature faire l'objet d'un vote. L'organisation de la structure ecclésiastique peut, dans une certaine mesure, s'ouvrir à une certaine collégialité ; mais le fondement même de l'Eglise implique qu'elle ne sera jamais une démocratie absolue.

Non seulement la démocratie n'est pas une fin en soi, mais il faut remarquer que toutes les guerres qui se sont données pour objectif de "répandre la démocratie", se sont soldées par des catastrophes (on pense à l'intervention US en Irak en 2003, mais les révolutionnaires français en avaient déjà fait l'expérience). On peut s'engager pour défendre ou développer la démocratie : c'est un objectif noble. Mais dès lors que cet engagement conduit à piétiner la dignité humaine, alors le combat cesse d'être noble. La Démocratie peut être une fin, mais pas au détriment d'une finalité supérieure (la dignité humaine).

Et la Foi, alors, puisque la réflexion partait de la pertinence de l'hommage rendu au Père Hamel (je suis de ceux qui regrettent la tonalité strictement républicaine, voire révolutionnaire, de la stèle inaugurée le 26 juillet dernier, pour honorer la mémoire d'un homme, alors qu'il fut bel et bien tué parce qu'il était prêtre, catholique ; mais passons).

À la réflexion, je crois que la Foi est d'un autre registre. La Foi n'est, en soi, ni une fin ni un moyen. Elle est une expérience, vécue par certains et inconnue (souvent mal comprise) des autres. Puisqu'elle repose sur une rencontre (avec quelqu'un, avec un texte, avec un phénomène extra-naturel), elle n'est pas le fruit d'une volonté. On ne peut pas se réveiller un jour en se disant : "bon, dans un an, je croirai en Dieu", comme on pourrait se dire "dans un an, j'aurai changé de métier". Pourtant, la prière des apôtres ("Augmente en nous la Foi", Lc 17,5) suggère qu'on puisse aller vers plus de Foi. On peut la cultiver par des lectures et des célébrations, comme on peut la laisser dépérir. La Foi se nourrit de moyens de la faire grandir.

Comme la Démocratie, la Foi est cependant ambivalente. L'Histoire et l'actualité regorgent assez d'exemples où un objectif religieux a justifié l'injustifiable. Dès que la Foi est instrumentalisée, là encore la dignité humaine est vite piétinée. La Foi a elle-même pour finalité supérieure le Salut de l'Homme, et l'Eglise a toujours enseigné qu'elle n'en était qu'une des voies (on a même excommunié Luther pour avoir dit le contraire).

Encore une fois, on en revient à la réflexion de départ : la difficulté de discerner la légitimité d'un acte tient à cette hiérarchie des finalités. 




Icône Simone

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Est-il permis de critiquer Simone Veil ? Les quelques "twittos" qui l'ont fait ont rapidement et vertement été "recadrés". Si admirative que je sois d'une personnalité aussi exceptionnelle, cette unanimité imposée a tendance à m'indisposer.

Parce qu'elle fut victime de la barbarie nazie, parce que son nom est attaché à ce qui est aujourd'hui considéré comme un droit sacré des femmes, sa canonisation médiatique a été immédiate - et la canonisation républicaine (aka "panthéonisation") pourrait suivre rapidement.

Évidemment, ces critiques sont indécentes dans leur agenda. Quand une personne vient de mourir, le temps est traditionnellement aux hommages, ou au moins au silence.

Elles sont aussi, le plus souvent, indécentes dans leur formule. Imputer à Simone Veil l'ensemble des avortements qui se pratiquent chaque année depuis 1975, c'est absurde ; faire le rapprochement avec l'Holocauste dont elle connaissait bien mieux la réalité que ceux qui le lui rappellent, c'est indécent.

Absurde car l'avortement existe depuis bien avant 1975. Comme dirait un élève de lycée en mauvaise introduction de dissertation, "de tous temps virgule les hommes ont avorté". La dépénalisation n'a pas créé le phénomène ; elle visait seulement à éviter les drames auxquels conduisent les avortements clandestins. Je pense qu'avorter, c'est tuer une vie humaine ; mais avorter avec un cintre rouillé, c'était en menacer deux. Choisir le Bien, c'est parfois choisir le moindre mal. Personne ne souhaite voir ressortir les aiguilles à tricoter des faiseuses d'anges.

Le problème est la différence entre autoriser et encourager. Simone Veil elle-même, bien consciente que l'avortement est un drame pour toutes celles qui ont dû en vivre, avait voulu des garde-fous. On sait ce qu'ils sont devenus les uns après les autres. Le véritable scandale n'est pas que l'avortement soit légal ; le scandale est qu'il soit souvent plus facile de choisir d'avorter que de garder l'enfant à naître.

Je pense que la dépouille de Simone Veil a sa place au Panthéon (si cela est conforme à ses volontés personnelles et à celles de sa famille bien sûr). Mais à mes yeux, ce qui la rend admirable, c'est la manière dont elle a sublimé l'Épreuve absolue qu'elle a traversé, la manière dont elle a anéanti le projet nazi, en devenant une Femme magnifique, à la fois au plan physique (quelle dignité, toujours, dans son port !) et au plan moral, comme ambassadrice de la paix et de l'Europe.

Et je suis assez triste de penser que, si on la panthéonise, ce sera aussi pour "sa" loi, pour un "droit à l'avortement" qu'elle n'avait pas en tête de donner comme on l'a aujourd'hui sacralisé.




Réflexions sur la sanction

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J'ai fait hier une petite causerie sur le thème de la sanction dans la pédagogie salésienne (c'est-à-dire pratiquée par Don Bosco et ses successeurs). C'est un thème qui m'intéresse particulièrement car, comme j'ai lu quelque part (sauf erreur dans le Collèges de France de Mara Goyet), la difficulté dans l'exercice de l'autorité consiste à être "ferme et souple plutôt que rigide et mou".

Je l'ai préparée en m'appuyant sur deux livres (inutile de dire que je ne prétends pas avoir fait le tour de la question, mais ce n'était pas mon objectif) :

En voici mon "papier". Comme cela a été remarqué par un des auditeurs, la réflexion est plus axée sur la pratique de la sanction dans le cadre de la relation individuelle (le jeune - l'éducateur) que dans celui de la gestion d'un groupe. Quand un élève transgresse une règle dans le cadre du cours, les enjeux de la sanction sont un peu différents.

Les citations en gras sont tirées des écrits de Don Bosco lui-même.

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San Sebastian

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Un récent voyage à San Sebastian au pays basque espagnol m'a permis de faire cette aquarelle de l'une des trois plages de cette belle ville :

De ces trois plages, la plus belle est celle de la Concha :

(La plage aquarellée se trouve derrière la colline que l'on voit à gauche de la photo).

 

Il parait qu'Alphonse Allais a déclaré un jour qu'une aquarelle peinte à l'eau de mer se gondolait avec la marée : je n'ai jamais testé :)

 




Islam, islams

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Je voulais finir le propos de mon dernier billet en vous parlant de deux autres lectures, extrêmement intéressantes, sur le thème de l'islam et de sa situation actuelle.

Comprendre l'islam - sous-titré Ou plutôt : pourquoi on n'y comprend rien - du frère (dominicain) Adrien Candiard n'est pas seulement un livre. C'est un bien de salut public. L'intérêt tient autant à sa clarté toute pédagogique qu'à l'équilibre du propos, qui jamais ne verse dans la réduction - et encore moins dans la condamnation. On sent à le lire toute la sérénité de l'érudit à qui la fréquentation des personnes a appris la complexité de la réalité. Evitant aussi bien l'aridité d'une étude sèche des textes que la noyade dans une "tolérance" mièvre et finalement insignifiante, il expose clairement et simplement les faits dans leur épaisseur.

Ce qui rend ce livre particulier, c'est qu'il est écrit par un théologien ; ce n'est pas un livre sur la sociologie des musulmans ou sur l'histoire de l'expansion arabe. C'est une explication de ce qui est important pour les musulmans, par un grand connaisseur de ce qui est important pour les catholiques. Par exemple, quand il explique le statut des différents textes de l'islam, et en particulier du Coran : pour un musulman, les mots du Coran ont une réalité en fait plus importante que leur sens, et bien les prononcer c'est rendre Dieu présent - la récitation du Coran devient alors pour le musulman ce que l'adoration du Saint-Sacrement est au catholique. Par ailleurs, la multiplicité des hadiths nourrit la complexité des islams vécus.

Car il n'y a pas un seul islam : il y a des musulmans qui vivent l'islam de diverses manières. Cette diversité est mal vécue par les musulmans eux-mêmes, car à la croyance en un Dieu unique devrait correspondre, en miroir, l'unicité de la communauté. L'unité de la communauté originelle, autour du prophète, quoique très fantasmée, ammène à vivre ces divisions sur le mode de l'anathème et de l'excommunication des "faux musulmans".

Les divisions sont nombreuses. La plus connue est l'une des plus anciennes, entre les chiites et les sunnites (cette division a pris corps autour de la question, non résolue par lui, de la succession de Mahomet comme chef de la communauté). Elle est fondamentale car elle est au coeur de la rivalité entre l'Arabie saoudite (sunnite) et l'Iran (chiite). A. Candiard fait cependant remarquer que, sur le plan théologique, les deux courants ne sont plus si éloignés l'un de l'autre. L'opposition est plus communautaire que religieuse.

Mais une autre division fracture aujourd'hui le sunnisme. D'un côté, l'islam classique, impérial, qui s'est élaboré dans le cadre des Empires arabe et ottoman, et qui dans ce cadre a dû gérer l'existence de religions rivales. Cet islam a appris à gérer la diversité (sans occulter les inconvénients pour les non-musulmans du système de la dhimma ou des millets), aussi bien sur le plan juridique que théologique (admettant des lectures différentes du Coran). C'est à cet islam ouvert que l'on se réfère généralement quand on veut présenter l'islam comme une religion pacifique et tolérante ; et la référence n'est pas dénuée de fondement, puisque cet islam a longtemps fait référence.

Mais l'humiliation ressentie au tournant du XIXe siècle quand la modernité est venue de l'Occident a nourri l'amertume et les incertitudes eschatologiques : "L'islam, qui se pense comme l'achèvement de l'histoire religieuse de l'humanité, a pu s'enorgueillir pendant des siècles d'avoir acccompagné la civilisation la plus brillante du monde : il était logique que les deux aillent de pair. L'apparition d'un Occident plus prospère, plus savant et considérablement plus puissant remettait en question des évidences solidement étables. Comment comprendre le rôle de l'islam, qui de l'aveu général avait favorisé l'éclosion de la civilisation florissante des califes, dans ce qui apparaissait désormais comme un retard, sinon une décadence ?"

Parmi les mouvements qui veulent réformer l'islam, apparait le salafisme (salaf = pieux anciens, c'est-à-dire les premières générations musulmanes, formées dans le souvenir encore frais de l'exemple du prophète, à ce titre considérées comme un modèle indépassable de pureté). L'alliance entre le fondateur du salafisme (Muhammad ibn Abdal-Wahhab) et le chef d'une tribu bédouine (les Seoud) qui s'empare peu à peu de l'Arabie, jusqu'à devenir la dynastie régnante, donne une assise considérable à ce mouvement. La mobilisation contre l'intervention soviétique en Afghanistan cristallise le rôle de l'Arabie saoudite. "Dès la fin des années 1970, une partie de la jeunesse diplômée du monde arabe, faute de débouchés ailleurs, vient louer son savoir-faire en Arabie ; elle rentre ensuite au pays avec quelques économies et bien souvent une nouvelle conception de l'islam, bien éloignée de celle que ses parents lui ont transmises." Les pétrodollars donnent à l'Arabie les moyens de diffuser l'idéologie wahhabite dans le monde.

Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que le salafisme n'est pas "traditionnel" : il refuse la tradition qui est vue comme un dévoiement. Il "cherche à dynamiter le passé (...) au nom d'un passé nettement plus lointain et donc nécessairement fantasmé (...) Cet islam-là n'est pas lesté par des siècles d'expérience historique des responsabilités (...) Il ne s'embarasse pas de culture : il est religieux, et rêve que toute la vie des individus soit réglée par des préceptes religieux. Il rêve de musulmans chimiquement purs, qui ne seraient que musulmans et pas en même temps égyptiens, pharmaciens, fans de football, sensibles à la poésie classique et allergiques au poil de chat". Sectaire, cet islam n'est pas forcément violent : il peut être quiétiste et appeler à la soumission aux autorités. Mais si tous les salafistes ne sont pas jihadistes, en revanche tous les jihadistes sont salafistes.

Le salafisme n'est pas l'islam des origines, parce qu'elles sont mal connues, et parce que l'imitation du passé n'est pas le passé. Il n'est pas non plus le vrai islam car il en a existé (et il en existe encore) d'autres formes : il n'est qu'un visage de l'islam.

La crise de l'islam contemporain est donc, pour A. Candiard, une crise de modèle entre deux manières très différentes de vivre l'islam : celle qui accepte les compromis, longtemps référence mais qui peine à répondre aujourd'hui aux défis de la modernité, et celle qui refuse toute compromission, nouvellement puissante, et qui passe pour "plus musulmane" (y compris auprès de musulmans qui ne la pratiquent pas).

Par ailleurs A. Candiard distingue salafisme et islam politique (ou islamisme). Si les liens sont étroits, le salafisme et l'islamisme sont pourtant distincts car opposés sur certains points, en particulier la question du pouvoir. Pour l'islamiste, le pouvoir doit appliquer l'islam (on ne précise pas celui de quelle époque). Les islamistes ne veulent pas créer un contre-modèle à la modernité : "ils veulent surtout islamiser la modernité" ; ils s'accomodent très bien des structures sociales et politiques en place. C'est la raison pour laquelle leur arrivée au pouvoir conduit souvent à une certaine déception (du point de vue des plus radicaux). Inversement, les salafistes proposent un contre-modèle social : "quand [ils parviennent] au pouvoir sur un territoire, comme le montre l'État islamique, les structures politques modernes sont dynamitées, et remplacées par des formes pré-modernes d'organisation politique, rejetant par exemple la notion même de frontière." Ce n'est pas l'islamisme qui mène au terrorisme : c'est le salafisme.

On l'aura compris, la lecture de ce petit ouvrage (120 pages) est indispensable pour comprendre que si les choses sont complexes, il est cependant possible et important de démêler l'essentiel, pour éviter les simplifications ("l'islam n'est pas compatible avec la démocratie", "il n'est pas possible pour les musulmans d'interpréter le Coran", "l'islam est irrationnel" : autant d'idées reçues qu'A. Candiard examine avec la même rigueur en fin d'ouvrage).

Autant d'intelligence pour 6 euros, c'est cadeau.

Enfin, Un silence religieux : la gauche face au jihadisme de Jean Birnbaum est le dernier livre que je voulais évoquer ici. La thèse de l'auteur est que la gauche (française) est  incapable de comprendre la montée en puissance du jihadisme, parce que la religion lui reste étrangère en tant que phénomène existentiel. Ne voyant en elle qu'un fait social, conséquence d'une misère économique (et expression d'une révolte contre celle-ci) et/ou d'une immaturité de la pensée, la gauche pense la religion comme inéluctablement condamnée à disparaître. Ce présupposé a conduit une grande partie des partis et des intellectuels de gauche à un aveuglement quasi-complet sur la question du jihadisme. Dès la guerre d'Algérie, beaucoup s'engagent pour l'indépendance sans voir que le FLN construit plus de mosquées que d'écoles. Au moment de la révolution iranienne, Michel Foucault est le seul à intégrer l'angle religieux dans son analyse de la situation - ce qui lui vaut une réprobation générale.

C'est un essai qui m'a vivement intéressée car cette analyse me parait pertinente. Aujourd'hui, Jean-Luc Mélenchon, quand il s'exprime sur la situation au Proche et Moyen-Orient, minimise l'aspect religieux - quand il ne l'évacue carrément pas. À cet égard, et nonobstant les autres points de son projet, François Fillon est à mon sens celui qui a le discours le plus juste sur la question.

Voilà donc deux livres dont l'achat ne sera pas un investissement inutile. Bonne lecture ! :-)